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  • Que se passe-t-il ? De menthe !

    Voici maintenant près de 50 ans - non non, inutile de me rappeler que je ne fais pas mon âge... A ce sujet, c'est Pierre Dac qui disait, je crois, à propos de quelqu'un qu'il était tellement paresseux qu'il ne faisait même pas son âge - que je me trouve confronté à un grave problème que je ne suis jamais parvenu à surmonter.

    Je vous l'expose brièvement - vous savez que j'apprécie la concision et les textes courts - et, au besoin, je vous demande de m'aider à trouver la solution.

    Voici donc ce qui m'amène : le suçage de bonbon. Une énigme qui concerne tous les parfums - citron, orange, cerise ou menthe - à condition que les friandises soient dures et qu'il faille les sucer tranquillement.

    En effet, dès que mû par la gourmandise ou par le besoin de rafraîchir mon haleine ou bien encore afin de partager charitablement la souffrance d'un collègue de bureau désireux de faire oublier à son retour chez lui les relents puissants et coordonnés du café, de la clope et de la pizza aux fruits de mer, j'avale l'une de ces friandises, je me fais la promesse - promis, juré, craché, si je mens je vais en enfer - que je tiendrai bon et que je devrai absolument le déguster jusqu'au bout sans le croquer. Je m'auto-promets un quart d'heure de douceur, de sensations acidulées et j'en salive deux fois plus. Et ça commence toujours bien, je sens la bestiole qui, petit à petit, fond et rétrécit tranquillement dans ma bouche. Je mesure les effets immédiats du travail méticuleux ainsi accompli. Bref, je me félicite intérieurement, certain, enfin, de parvenir au résultat tellement souhaité depuis ma plus tendre enfance.

    CRAC ! CRIC ! CROC ! BORDEL DE MERDE !

    Encore raté, saperlipopette, je n'ai pas tenu jusqu'au bout. Tiens, ça vient encore de m'arriver alors que j'étais super concentré sur mon boulot, virevoltant entre deux feuilles de calcul et comparant avec maestria les statistiques de l'insertion professionnelle des jeunes sortis de lycée professionnel au niveau V à celle de leurs homogues du niveau IV en Lorraine. Une seconde d'inattention et paf ! le bonbon est réduit en miettes, il faut maintenant le finir au plus vite dans ce magma gluant, mélange des douces saveurs fruitées et de l'amertume du combat perdu.

    Jamais je n'y arriverai, je crois - pour toujours - que nous vivons dans un monde décidément bien cruel qui n'accordera jamais de place aux faibles.

  • Renaud GARCIA-FONS ou la musique élégante

    C'est en regardant l'émission « Séquences jazz » sur la chaîne Mezzo en début de semaine – merci à toi, Mr Monstrueux d'avoir allumé le téléviseur au bon moment et d'avoir fait ce bon choix, c'est tout de même mieux que Comédie, non ? – qu'après avoir pu constater avec étonnement que le batteur jouant « Impressions » de John Coltrane aux côtés d'un Didier Lockwood pas très inspiré, à Vienne au mois d'août 2004, n'était autre qu'un certain Christian Vander, qu'une musique familière est venue chatouiller mes oreilles, celle d'un grand monsieur, le contrebassiste Renaud Garcia-Fons jouant avec les deux complices de son actuel trio, Kiko Ruiz (guitare) et Negrito Trasante (percussions).

    Avec cette note, je souhaite aussi adresser un clin d'oeil à mon ami Michel V., dont la passion pour la Musique (j'écris volontairement ce mot avec une majuscule) est intacte et toujours aussi débordante. C'est lui qui, voici pas mal d'années maintenant, m'a guidé sur les pas de nombreux artistes que je connaissais peu, voire pas du tout et qui tous, sans exception, se sont avérés pour moi de nouveaux compagnons de route. Je lui dois mes rencontres, entre autres, avec Henri Texier, Louis Sclavis ou le très grand Michel Portal. Renaud Garcia-Fons fut un beau jour l'objet d'une de nos conversations toujours enflammées...

    Il faut tout de même que vous imaginiez un peu la scène... Avec Michel V., on est dans une autre dimension, car la musique n'entre pas chez lui dans le cadre d'une simple distraction, c'est un univers dans lequel il faut pénétrer avec respect, c'est un art majeur. Pas étonnant que nous soyons faits pour nous entendre ; avec lui, il faudrait, en quelques minutes, pouvoir tout écouter d'un seul coup, car le temps nous semble toujours compté, alors on met un premier disque sur la platine, on s'en délecte, puis, forcément, on pense à un autre et on change, et ainsi de suite, jusqu'à en avoir comme un tournis sonore assez unique ! Ça n'arrête pas, le feu d'artifice a commencé. Mais ces enchaînements frénétiques sont encore moins redoutables que les batailles de « blind tests » que nous nous livrons de temps à autre, dont le principe très simple consiste à faire deviner à l'autre ce qu'il donne à écouter, en souhaitant sans le dire le piéger, bien sûr ! Ou bien, c'est le contraire et un certain recueillement est de mise : Michel V. nous convie chez lui, ordre nous est donné de nous asseoir sur le canapé, à la place centrale positionnée rigoureusement à mi-chemin entre les deux hauts-parleurs et là, après un minutieux réglage des basses et des aigus... on ne bouge plus, on écoute ! C'est exactement de cette façon que j'ai pu entendre pour la première fois Renaud Garcia-Fons, c'était le disque « Oriental Bass », pour être précis.

    Vous m'aurez pardonné, j'en suis certain, cette nouvelle parenthèse digressive, mais je la crois nécessaire pour vous faire vivre à mes côtés cette fièvre qui vous gagne dans ces instants de découverte. Oreilles grandes ouvertes, vous êtes disponible pour connaître – ce que j'oppose à reconnaître – et vous apprenez, vous ajoutez un nouveau livre à votre bibliothèque intérieure, s'il le faut, vous devez même créer un nouveau rayonnage. Vous mesurez avec bonheur l'étendue de votre ignorance, certes, mais vous avancez un peu, ces quelques pas vous aident à rester debout et vivant.

    Concernant Renaud Garcia-Fons, parlons de lui tout de même puisqu'il est le sujet de ce texte, je serais bien en peine de vous proposer une quelconque classification musicale. La manie des étiquettes, sport franco-français, n'est pas mon fort et je ne saurais vous fournir ici que quelques indications géographiques ! D'origine ibérique, notre contrebassiste à cinq cordes puise une très grande partie de son inspiration du côté des rivages de la Méditerranée. L'Espagne forcément, mais aussi le Maghreb et le reste de l'Afrique. A travers tous les voyages qu'il nous propose – et à cet égard l'album « Navigatore » publié en 2001 est une bonne initiation puisque Renaud Garcia-Fons nous emmène avec lui pour un tour du monde à bord de sa Caravelle et nous donne aussi à entendre des musiques d'origine celtique ou d'Amérique du Sud – nous sommes conviés à l'ouverture vers l'Autre, sans restriction. Nous sommes là au coeur d'une démarche artistique universelle, peut-être même sommes-nous en présence de ce que l'on devrait considérer comme cette « world music », ouverte à tous les brassages, dont on nous rebat les oreilles dès lors qu'un chanteur ou musicien occidental s'empare d'un instrument un tant soit peu exotique à nos tympans formatés. Il est toutefois une condition nécessaire à la musique de Renaud Garcia-Fons : il faut que le soleil brille ! Méditerranée, quand tu nous tiens...

    Mais le plus remarquable est ce sentiment qui vous gagne et vous fait croire que la musique de Renaud Garcia-Fons est accessible à toutes les oreilles, qu'elle ne nécessite aucune « initiation » particulière. Elle coule d'évidence, de simplicité et d'élégance, sans pour autant être dénuée d'une bonne dose de virtuosité. Un heureux mariage entre simplicité et créativité, sans complexe. Peut-être aussi une certaine définition de l'exigence.

    Il y a quelques années, j'avais eu la chance d'assister à un concert de Renaud Garcia-Fons dans la magnifique salle de l'Arsenal à Metz. Entouré de cinq ou six musiciens – ma mémoire me fait défaut, je me souviens seulement de la présence des deux actuels membres de son trio à la guitare et aux percussions – le contrebassiste avait déroulé son magnifique tapis musical durant 90 minutes qui sont passées à la vitesse de l'éclair. Sa présence physique discrète contrastait étrangement avec la force du propos et une certaine manière de se tenir bien droit, un peu fièrement – tel le toréador ? – et nous étions sortis comme hébétés après avoir reçu ce que j'appelle un peu religieusement une offrande. Pas une seconde de tricherie, un talent fou et toujours ce brassage harmonieux, partant d'une introduction en solo aux intonations classiques pour aller jusqu'aux sonorités rock d'une contrebasse électrifiée et gémissant un magnifique chorus à l'archet. Renaud Garcia-Fons, encore un passeur, un de ces artistes trans-courants dont nous avons tant besoin.

    Il n'y a rien à jeter dans la discographie de Renaud Garcia-Fons, c'est un parcours jusque-là sans faute et c'est avec bonheur que l'année 2006 a vu la publication d'un beau disque live, « Arcoluz », doublé d'un DVD. Peut-être pourrais-je vous recommander de commencer votre voyage avec lui en écoutant « Oriental Bass » ou « Navigatore » ? Mais si vous vous prenez au jeu, vous constaterez bien vite chez vous monter le besoin pressant d'en écouter un peu plus, et un peu plus encore.

    C'est donc le moment de commencer...

    Discographie :
    - Légendes (1993)
    - Alborea (1995)
    - Oriental Bass (1997)
    - Fuera (1999)
    - Navigatore(2001)
    - Entremundo (2004)
    - Arcoluz (2006)

    On peut se procurer directement tous ces beaux disques sur le label Enja

    On écoute ?
    Un petit bonus avec cet extrait de "Navigatore", que l'on trouve sur l'album éponyme.

  • Paraît que c'est à la mode dans la blogosphère...

    Des autoportraits façon South Park - à ce sujet, je ne supporte pas ce dessin animé, mais tout le monde s'en moque, n'est-ce pas ? -, on commence à en voir fleurir ici ou là...

    Donc, je cède à cette mode stupide et... voici le résultat :

    medium_dd_south_park.jpg

    Moi, j'ai trouvé cette adresse pour le faire : http://spstudio.linda.hosting-friends.de/spstudio.html, parce que les copains, ils friment tous avec leur joli minois, mais vous pensez qu'ils vous diraient où ils l'ont trouvée leur page magique ? Ben non...

    Petite précision supplémentaire : pour récupérer votre image, faites une impression d'écran et collez-la dans un logiciel de retouche d'images.

  • Deux minutes !

    Allez, j'avais envie de vous faire un petit cadeau puisqu'hier soir vers 19h30, nous sommes passés de l'hiver au printemps, et j'espère que Mr Monstrueux ne m'en voudra pas de vous proposer d'écouter deux minutes d'une petite session d'enregistrement qu'il avait faite à la fin de l'année 2004 avec l'un de ses amis. Un duo Fender Rhodes et saxophone soprano tout en nuances et surtout, la reprise d'un thème que vous connaissez tous, forcément. Mais il est ici complètement transfiguré. Personnellement, je pourrais l'écouter en boucle !

     

  • Has'Art ?

    medium_tableau.jpg

    Je suis tombé tout récemment sur le tableau d'un jeune peintre lorrain - attention, hein, ce n'est pas mon Babar, lui il est unique et pas à vendre ! - et je suis resté très intrigué, et séduit néanmoins... Il y a cette étrange correspondance des couleurs avec celles que nous venons d'installer dans notre salle de séjour (le rouge évoque le canapé, on retrouve également deux verts proches de ceux des murs...).

    On aime, on n'aime pas ! Et comme je le dis souvent, les ragoûts et les couleuvres, ça ne se discute pas. Moi, j'aurais plutôt tendance à bien aimer. D'autant que la chose, de surface respectable, est vendue à un prix très raisonnable. Ceci me fait d'ailleurs penser à un autre tableau, vu tout récemment dans une galerie du Boulevard Saint-Germain à Paris : imaginez une toile d'environ 80 centimètres de large sur une hauteur d'un peu plus d'un mètre. C'est bon, vous visualisez ? Le tableau était noir, intégralement. On y voyait juste un petit rectangle rouge, en bas à droite. Jusque-là, pas de problème, je suis ouvert à toutes les créations et personne n'est obligé d'aimer. Seulement, en me rapprochant du tableau, j'ai vu une petite étiquette sur laquelle était indiqué le prix : 4.000 € ! Nom de Dieu ! Faut oser quand même. A ce prix-là, je veux bien m'y mettre tout de suite, j'en peins deux ou trois par semaine, je laisse 30% à un galeriste à catogan, j'en prête de temps à autre quelques uns à des architectes d'intérieur qui les disposeront avec talent dans un beau loft parisien dont ils nous proposeront la visite dans l'émission "Question Maison" et, tope-là, le tour est joué. J'arrête de bosser, je me repose, je voyage et en plus... je m'auto-proclamerai artiste. Ouais, la vie est belle !!! Comment n'y avais-je pas pensé plus tôt ?

    Trève de rêverie, mon tableau lorrain, je le verrais bien au-dessus du buffet de l'espace salle à manger, je l'imagine déjà éclairé par le soleil du matin, puis celui de midi et se déclinant lui-même en teintes variables... Raah, j'ai bien envie de me laisser tenter...

    Dommage qu'avant je doive changer ce satané Vélux du deuxième étage qui condense et qui fuit. Les premiers devis sont assez déprimants et je dois choisir entre modèle simple et modèle super confort. Si j'ai bien compris, ce dernier laisse entrer la chaleur du soleil en hiver mais la repousse en été, c'est super non ? Il doit y avoir une espèce de Patrice Drevet intégré... Il est là le Drevet en réalité - c'est sûrement pour ça que c'est si cher ces bestiaux - , tapi entre les deux vitrages, il guette avec son costume rayé, son gilet boudiné et son pantalon en jean et HOP ! Taratata, soleil d'été, on ne rentre pas, soleil d'hiver, je vous en prie, bienvenue à la Maison Rose ! M'est avis néanmoins que son boulot ne sera pas épuisant pour lui en Lorraine, parce que les jours de soleil sont assez rares par chez nous..., mais dans tous les cas, je crois que mon budget va encore subir une sévère secousse. Au train où c'est parti, je crois qu'on peut sans se tromper diganostiquer une maladie de Parkinson du porte-monnaie.

    Mais je crois vraiment que je vais me laisser tenter. De toutes façons, plus le temps passe, moins je crois au hasard et ce tableau, je subodore qu'il a été peint pour nous. Sa place est ici, et nulle part ailleurs. Je vous tiendrai au courant, de toutes façons.