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  • Passage à l'AKT !


    Par un étrange retournement des situations, je m'aperçois que le Press Book Magma, que j'avais créé il y a maintenant 6 ans pour partager avec les fans du groupe le maximum d'archives (textes, interviews, chroniques, etc.) autour de l'hitoire du groupe a désormais changé de fonction. Si les visiteurs sont de plus en plus nombreux - et l'activité actuelle de Magma ne fait que renforcer le phénomène - il semble que cette compilation d'archives soit aujourd'hui aussi bien utile aux musiciens eux-mêmes !
    Hier soir, au téléphone, Stella me disait que bon nombre de journalistes connaissaient le groupe grâce au Press Book, en particulier à l'étranger et que Christian Vander lui-même reconnaissait l'ampleur du travail et tout le bénéfice qu'il pouvait retirer de cet outil. Pourtant, à l'origine, ses réserves étaient nombreuses car il se méfiait un peu de cette manière que j'avais de "regarder dans le rétroviseur" alors que lui-même était plus tourné vers le futur. Mais Stella et moi avions tenu bon, ce Press Book a pu voir le jour et exister pour tous ceux qui souhaitent en savoir plus. La tâche est loin d'être terminée : je possède un grand nombre de documents qui n'ont pas encore trouvé leur place sur le site (grâce à la complicité de nombreux amis distants qui me donnent un précieux coup de main en jouant le rôle de rabatteurs d'information, en saisissant les textes qui ne peuvent être récupérés par les logiciels de reconnaissance de caractère, en me communiquant des informations inédites), j'ai en chantier différentes rubriques qui dorment un peu mais... à force de patience, toutes ces nouveautés seront bientôt visibles. Je voudrais aujourd'hui avancer sur un projet que j'ai appelé "Radio Magma" et qui consiste en un petit "juke box" Internet par lequel celui qui ne connaîtrait pas Magma pourrait écouter la musique du groupe. C'est un ami parisien qui a développé ce module et je suis assez impatient de le proposer.
    En outre, Stella m'a demandé tout récemment de prendre en charge une partie de la mise à jour des informations sur le site officiel de Magma et celui de son label, Ex-Tension Records. Me voici aujourd'hui dans une situation nouvelle, puisque le travail effectué depuis plusieurs années aboutit à une implication dans la vie même de cette famille musicale. Ce n'était pas vraiment pas mon objectif initial, mais il me semble cependant difficile de décliner une invitation qui me donne l'occasion d'un vrai passage à l'acte dans un domaine qui est tout de même une passion de longue date.
    A suivre donc...

  • Ferrov'hier (vies dédoublées)


    Trois petits textes notés fugitivement hier sur un carnet, dans le train qui m'emmenait de Nancy à Paris.

    Vendredi 10 mars 2005, 6h20, je suis dans le train qui m'emmène de Nancy à Paris. J'écoute "Moving", un CD du pianiste norvégien Bugge Wesseltoft : climats aux confins du jazz et de la musique électro, atmosphères délicates où quelques notes de piano semblent s'échapper d'un paysage brumeux. L'accompagnement idéal en cette nuit finissante. Et puis, c'est "Gare du Nord", une très belle composition qui me vaut cette étrange sensation d'entendre, à l'intérieur (car j'écoute cette musique avec des écouteurs) comme à l'extérieur le bruit du train, en un parfait dédoublement. Jusqu'à l'annonce vocale en français d'un contrôleur, dont je ne sais si elle est réelle ou enregistrée sur le disque. J'ôte alors mes écouteurs, la voix s'est tue... Elle provient de la musique de Bugge Wesseltoft, exactement synchronisée avec la situation que je vis réellement. Mais de là à dire que je mène une double vie...

    Je dois rédiger pour un magazine dédié à la musique de Magma la chronique d'un concert du groupe, en l'occurrence celui de l'Olympia, le 27 janvier dernier. Même si je garde un souvenir exact de ces trois heures passées dans la fosse de cette salle mythique (bien que reconstituée à l'identique), je ne me prive pas du plaisir de rédiger mon texte en écoutant ce concert, qu'une âme charitable a bien voulu enregistrer "sous le manteau" et m'envoyer quelque temps plus tard sous la forme d'un double CD. Cette fois, il ne s'agit pas de deux vies distinctes dont les échos sonores viennent se superposer comme par magie, mais de la même vie, qui se répète à quelques semaines d'intervalle.

    A quelques minutes de mon arrivée à Paris, ma voisine de train semble vouloir me demander quelque chose et me fait signe d'ôter les écouteurs qui diffusent la musique de Magma depuis près de deux heures. Elle ne veut pas rester sur la quasi certitude de me connaître et pense que, de mon côté, je ne l'ai pas reconnue lorsqu'elle m'avait salué sur le quai.
    Oh la... et dire que je me pique d'être plutôt physionomiste... là, honnêtement, je sèche !
    Elle pense m'avoir vu au Conservatoire ou peut-être à l'Ecole des Musiques Actuelles de Nancy. Tiens tiens, aurait-elle vu juste ? Je lui réponds donc et lui dis qui je suis, je lui explique que j'ai été Président de cette école, que mon fils en a été longtemps l'élève et qu'il y enseigne aujourd'hui le saxophone. Je la confirme donc dans son impression, elle m'avait bien identifié !
    "Et moi, vous ne me reconnaissez pas ?"
    Gasp... je la scrute un instant, je fouille dans mes souvenirs, je tente quelques rapprochements jusqu'au moment où une idée me vient à l'esprit : "Vous n'auriez pas été prof de piano à l'EMAN ?"
    Bingo ! Oui, sauf que... je ne suis plus en présence de la même personne ! La dernière fois que je l'avais vue, elle était obèse, quasiment difforme, les cheveux tristement attachés en une queue de cheval, elle était vêtué de façon terne et anonyme et là... je revois une jeune femme au mieux de sa forme, épanouie, mince, qui a le temps de me dire sa joie d'être la mère de deux enfants, qu'elle revit, qu'elle éprouve des sensations totalement nouvelles comme la séduction, notamment dans le regard des autres, dans la rue ou lorsqu'elle chante sur scène ! Elle me raconte l'anecdote d'un de ses anciens élèves qui demandait de ses nouvelles alors qu'elle était juste à côté de lui et qui refusait de la croire lorsqu'elle lui disait : "Mais votre prof de piano, c'est moi !". Elle ne cache pas son plaisir de vivre ce genre de situations un peu surréalistes.
    Décidément, ce voyage en train était vraiment placé sous le signe de la double vie : j'avais devant moi une personne qui me confiait qu'elle en vivait une deuxième, la seconde ayant chassé la première.

  • Où es-tu mon Gaillard ?


    Ce matin, comme chaque matin d'ailleurs, j'essaie péniblement de m'extraire des limbes nocturnes devant un bon gros mug plein d'un non moins bon café, et la radio (France Inter en l'occurrence) fait défiler tout doucement son cortège d'informations plus ou moins catastrophiques (au menu du jour notamment : les prévenus du procès des pédophiles qui tombent dans les pommes à la lecture des faits, les treize morts dans une maison de retraite près de Nancy et, le plus important, la défaite de l'A.S. Monaco en coupe d'Europe de baballe), histoire de bien vous mettre en forme pour la journée. Un oeil à moitié fermé, l'autre à peine ouvert, je scrute le paysage, j'observe la grisaille qui nous entoure, bref je me motive.
    Heureusement, il est 7h25, l'heure du bonheur, le moment tant attendu de la chronique économique d'un dénommé Jean-Marc Sylvestre ! Ah, le brave homme pour qui la planète n'est qu'une vaste et unique entreprise, avec de gentils actionnaires qu'il faut bichonner, l'oeil rivé sans interruption sur le thermomètre de leurs dividendes. Ce type-là nous brosse le portrait d'un monde où, finalement, l'humain est avant tout un empêcheur de tourner en rond, avec ses revendications sociales, ses grèves à répétition, ses exigences, sa prétention à penser qu'il pourrait peut-être encore occuper une place au sein du grand échiquier de la mondialisation. En d'autres termes, qui ne fait rien qu'à embêter les pauvres détenteurs du capital, qui ont pourtant déjà tant de mal à consolider leurs profits... Alors que l'être humain, le vrai, le seul, c'est celui qui se vend au prix le plus bas (ah, nom d'un chien, pourquoi ne sommes-nous pas tous Chinois ? on bosserait en silence, pour pas cher, la France serait le pays de la croissance), qui ne râle pas, qui jamais ne se met en grève, qui VEUT travailler plus, toujours et encore. Au lieu de quoi, nous, méchants Français, sommes d'incurables paresseux, des hédonistes qui privilégieraient leur plaisir avant tout.
    Chaque semaine cependant, le vendredi, la chronique de JMS devient un débat, parce qu'un contradicteur vient opposer au gourou de l'ultra-libéralisme quelques arguments post-universitaires qui, jamais, n'ébranlent les convictions de notre bonhomme. Vaine tentative, inutile diversion, pourquoi donc chercher ailleurs puisque nous sommes en présence de LA vérité ?
    Pfff... c'est d'un cynisme, d'une tristesse ! Ce mec-là est dans sa bulle dorée, il vit un monde virtuel fait de bilans comptables et de budgets prévisionnels dans lequel la France est, on s'en doute, le plus mauvais des élèves.
    Tiens, j'en viendrais presque à regretter les chroniques boursières d'un autre personnage de notre radio dite de service public, Jean-Pierre Gaillard : celui-là, à force d'être pathétique, il nous devenait presque sympathique. Quel bonheur de l'entendre débiter les cours de la bourse comme d'autres liraient leur bréviaire ou égreneraient leur chapelet ! C'était comme une étrange mélopée, envoûtante, mystérieuse. Et puis, ce Gaillard était à l'évidence un être humain sensible : on le sentait personnellement affecté lorsque le CAC 40 était orienté à la baisse ou, au contraire, joyeux quand il évoluait à la hausse. Ses souffrances, ses douleurs transpiraient à travers les ondes, on aurait voulu venir à son aide ou lui taper sur l'épaule. La Bourse, c'était comme son jouet et on l'admirait de pouvoir tout nous expliquer, avec les mêmes arguments : les prises de bénéfices, les inquiétudes des marchés (qui semblaient vivre leur existence propre, comme s'ils avaient acquis leur autonomie), les attentes de résultats de l'économie américaine ou des analyses de la Réserve Fédérale, la parité dollar / euro. Cerise sur la gâteau, un même argument pouvait nous expliquer un jour une hausse et quelque temps plus tard une baisse ! Qu'importe, l'essentiel était de vivre avec passion ce monde qui, pour le coup, n'était plus celui de la sinistre et austère Entreprise de Monsieur Sylvestre mais au contraire l'univers ludique d'un gigantesque Casino, promesse du bonheur éternel pour qui savait en franchir les portes.
    Oui, mais Jean-Pierre Gaillard n'est plus là, c'est aujourd'hui un retraité... son silence est trop cruel, et moi je veux qu'on me rende mon Casino quotidien, ma roue de la fortune boursière.
    Ah, ces maudits Français qui veulent partir en retraite ! Dire que sans eux et leurs exigences stupides, mon Gaillard serait peut-être encore là à me sussurer doucement au creux de l'oreille le doux chapelet de ses valeurs boursières...

  • La stratégie de l'arbre à disques


    Où placer cette note ? Dans la catégorie "Cool memories" ou "Musique" ? Les deux mon capitaine, sauf qu'ici, ce n'est pas autorisé, alors je tranche dans le vif, rangeons ces quelques phrases dans le vaste bazar de mes souvenirs, dont on verra qu'ils sont néanmoins très reliés à mon présent.

    Alors donc, j'aimerais remonter un peu le temps et... attention, je vous parle d'un temps que les moins de... 40 ans ?, ne peuvent pas connaître ! Bref, nous sommes le mercredi 13 décembre 1972 et me voici en possession d'un précieux billet de 100 francs (somme considérable si l'on veut bien la rapporter à mes émoluments mensuels d'alors, en d'autres termes mon argent de poche, soit 5 francs), prêt à une dépense dont je rêve depuis plusieurs semaines déjà. Mais je vais un peu vite...
    Revenons d'abord à un autre jour, un jeudi celui-là, le 27 janvier de cette même année 1972 (tiens, les gamins, je vous rappelle qu'à cette époque - et c'était la dernière année scolaire sous ce régime - on n'allait pas au collège le jeudi après-midi), qui fut en quelque sorte ma déclaration d'indépendance, le jour où je me suis affranchi de ma fraternelle et néanmoins bienveillante tutelle musicale. En effet, je n'avais vécu jusque là que dans l'ombre de mon frère aîné qui, en matière de musique, m'avait tout appris, à commencer par les Beatles, les Rolling Stones, puis en passant par les premiers disques de King Crimson, et bien d'autres encore. Tout ce que je connaissais, je l'avais appris de lui qui, patiemment, avait accepté sans renâcler ma présence à ses côtés dans sa chambre. Mais je n'existais pas par moi-même (d'ailleurs, mes soeurs ne manquaient jamais de me rappeler que je faisais "tout comme mon frère", raah, les vilaines...). Or donc, ce jour célèbre, je fis l'acquisition d'un double LP du Grateful Dead, dont j'avais lu tant d'échos flatteurs dans Best et Rock & Folk qu'il m'avait semblé inévitable d'aller à sa rencontre, alors même que mon propre frère ne m'en avait jamais parlé !!!
    Et là, ce fut le choc : cette musique était pour moi, elle me parlait, elle m'était destinée, Jerry Garcia (leader charismatique du groupe disparu le 9 août 1995) se confiait à moi ! Je tenais enfin MON univers, je ne le devais à personne !
    1972 fut donc l'année de toutes les acquisitions : une semaine plus tard, l'album solo de Jerry Garcia tout frais dans les bacs, puis le premier album du Grateful Dead, puis "Anthem of the Sun", puis "Aoxomoxoa", puis "Live Dead", puis "Workingman's Dead", puis "American Beauty"... autant vous dire qu'en ces mois fiévreux, je menais une vie quasi monacale eu égard à l'affectation obsessionnelle de l'intégralité mon budget. Et je me dois aussi de vous confier mes émois en lisant dans la presse musicale les comptes-rendus de la tournée européenne et printanière du groupe en France (à l'Olympia, salle dont j'ai fait tout récemment la connaissance pour un concert de Magma dont je vous parlerai très prochainement), en Angleterre, en Allemagne...
    Je suis trop long ? Vous ne voyez pas le rapport avec mon billet de 100 francs ? J'y viens et pour cela, avançons un peu dans le temps pour arriver au mois de novembre : j'apprends la publication de "Europe '72", triple album du Grateful Dead enregistré durant sa tournée européenne du printemps !!! Arrgh... J'ai plus un centime dans mes popoches... et la chose coûte une fortune... Inutile de vous dire que dès cet instant, j'ai cessé de vivre, d'autant que j'avais pu entendre des extraits plus que prometteurs de ce disque à la radio.
    Pas un sou, obligé de contempler la belle pochette en rendant une visite quasi quotidenne à mon disquaire (au moins, de ce côté-là, j'étais tranquille, je devais être le seul verdunois à m'intéresser au Grateful Dead, je ne risquais pas de voir disparaître ce bel objet...)... et de rentrer à la maison les mains vides !!!
    Mais en ce beau jour de décembre, le mercredi 13, le miracle arriva : mon parrain et sa femme vinrent rendre visite à notre famille, ce qui me combla de joie car - n'hésitez pas à me trouver vénal, j'avoue - je savais qu'à son départ, je serais en possession d'un billet promu au rang d'étrennes ! Bingo !!! 100 francs, pile poil ce qu'il me fallait... et il n'était que 17 heures !!!
    Sans attendre, je mis le cap vers le centre ville et échangeai ma précieuse image contre le disque du miracle !!! Mais là... désolé de vous infliger cette cocasse péripétie, le plus dur restait à faire : rentrer chez moi sans faire savoir que j'étais en possession d'un disque d'une telle valeur et que j'avais dépensé en quelques minutes l'intégralité de mes étrennes... Car mes parents avaient beau connaître ma passion pour la musique, ils n'aimaient pas vraiment apprendre que tout argent liquide faisait chez moi l'objet d'une conversion intégrale sous forme de disques... Heureusement, j'avais dans l'affaire un précieux allié : l'un des deux grands marronniers se dressant fièrement à l'entrée du jardin (vous allez bientôt comprendre le sens du titre de cette note). Il me fallait dans un premier temps vérifier que personne n'était en vue au moment de mon retour, puis ouvrir le moins bruyamment possible la grille de l'entrée (toujours rouillée, jamais silencieuse) et déposer furtivement le disque derrière le marronnier complice avant de rentrer, les mains dans les poches, arborant la mine réjouie de celui qui se sentait tout heureux d'avoir été faire "un tour en ville". Ensuite, je devais guetter le moment où je pouvais très rapidement sortir dans le jardin, récupérer mon bien, filer dans ma chambre, ranger le disque (sa place était déjà réservée dans le premier rayon de mon armoire), respirer un grand coup, me débarrasser du sac en plastique qui le contenait et... enfin, en déposer la première galette sur l'électrophone (euh, les jeunots, ça vous dit quelque chose ce mot ou je dois expliquer ?).
    Et là... le bonheur, je me souviens parfaitement de cette longue et douce dégustation : "Cumberland Blues", "Jack's Straw", "He's Gone", "China Cat Sunflower / I Know You Rider", "Truckin'",... et ce livret dont je contemplais les photos avidement, encore et encore... et cette belle pochette : une jambe marchant au-dessus de la Terre, surmontée d'un arc-en-ciel !
    Je n'avais pas encore 15 ans, tout cela semble si loin... et si proche malgré tout. Pas plus tard qu'hier, je me suis acheté en téléchargement (je donne cette précision parce que je tiens à faire savoir que je ne pirate pas, moi !) pour une somme modique, 16 €... tiens, c'est bizarre, aujourd'hui je trouve la somme modique alors que si mes comptes sont exacts, elle équivaut à un peu plus de 100 F, c'est-à-dire le coût exorbitant de l'année 1972, mais bon, je m'égare... sur le site Internet du Grateful Dead un magnifique quadruple CD live, enregistré en février 1973. Cinq heures de musique, inaltérable, goûteuse, comme aux plus beaux jours. Et moi j'ai toujours 15 ans !

  • Rébellion chorale

    J'apprends ce matin que la famille d'un des enfants ayant chanté dans la chorale du film "Les Choristes (9 millions d'entrées en salle à ce jour) veut intenter un procès aux producteurs (en l'occurrence la société de Jacques Perrin) car elle s'estime lésée dans cette histoire. Jacques Perrin ne semble pas en cause dans ce possible imbroglio, mais il aurait, aux dires de l'avocat de la famille plaignante, commis l'erreur de signer un contrat avec la chorale en tant qu'entité (pour la modique somme de 150000 €) au lieu de le faire avec chaque enfant (ou précisément sa famille) individuellement... Arrrhhh, comme l'argent aiguise les appétits ! On nous referait le coup de "Être et avoir", ce film documentaire supposé confidentiel et artisanal qui avait si bien cartonné que le personnage principal, l'instituteur, avait lui aussi voulu récupérer sa part du gâteau ?
    Pour être franc, tout cela m'indiffère, sauf que, avec cette bagarre qui s'annonce... peut-être qu'un jour ON NE NOUS HARCELERA PLUS AVEC CETTE P... DE CHANSON DES "CHORISTES" QU'ON NOUS INFLIGE DEPUIS DES MOIS !!! Je croise les doigts, je touche du bois... Euh non, c'est faux, je ne suis pas superstitieux, ça porte malheur. Non, tout simplement, j'espère !
    Et pour le reste, je crois me souvenir qu'ayant vu "Les Choristes" plusieurs semaines avant sa sortie officielle en salle, je m'étais dit que nous tenions là un gentil film digne des soirées du samedi sur France 3, vous savez, le style "terroir", la nostalgie, l'idée qu'avant c'était mieux... Ce qui, inexorablement, nous ramène à mon récent "Café du commerce". CQFD !

  • Café du commerce

    Mes collègues de bureau sont parfois... désolantes ! Ho la, je vous arrête, aucune teneur machiste dans mes propos mais, ne nous le cachons pas, je suis entouré de personnes vraiment indécrottables.
    Imaginez le lieu stratégique des conversations essentielles : la cafet ! Soit un tout petit local bas de plafond, aux murs jaune citron, habité de façon quasi permanente par la horde des fumeurs invétérés, dont les pauses pluri-horaires créent en ce lieu un nuage épais et nauséabond. Il y a bien aussi deux fenêtres et une porte-fenêtre, mais non... à quoi bon les ouvrir puisqu'il est si drôle d'enfumer à tout va et de répandre le puant fumet.
    Euh, là, je m'égare, j'en étais à mes collègues désarmantes, qui ont toujours un avis définitif sur tout, qui détiennent une Vérité absolue, dont elles eu confirmation par "ILS"... Ah, ce fameux "ILS", très médiatique. J'y reviendrai.
    Revenons donc à nos moutons et, plus spécialement pour ce qui nous concerne aujourd'hui, aux appareils photo numériques ! Aïe aïe aïe, les appareils photos numériques : "Oh, de toutes façons, depuis que mon mari en a un, jamais plus je ne vois une seule photo, c'est bien simple, il en prend tout le temps, mais on n'en voit jamais la couleur..."
    Là, sur la pointe des pieds, j'essaie de m'immiscer dans cette passionnante conversation en disant que, peut-être, en copiant une sélection de photos sur un CD qu'on appporte au tirage dans l'un des innombrables magasins dédiés à ce genre d'activités... eh bien, des photos, c'est hyper simple d'en avoir et, cerise sur le gâteau, c'est plutôt moins cher, sans oublier qu'on n'apporte au tirage que des photos réussies. Pas de mauvaise surprise, c'est juste une question d'organisation.
    Ouh la... j'aurais mieux fait de me taire : sans m'en rendre compte, j'avais convoqué "ILS"...
    "D'ailleurs, ILS l'ont dit à la télé... Depuis que les gens prennent des photos avec leurs appareils numériques...", euh, oui, eh bien quoi ? On saura jamais, ILS l'ont dit, j'imagine qu'ILS ont dit à la télévision que le mari de la dite collègue ne développait jamais ses photos numériques ? Qu'il n'était pas fichu de mettre un peu d'ordre dans ses affaires ? Que peut-être, il n'en avait rien à tamponner des désiderata de son épouse aigrie? Impossible de vous le dire... ILS l'ont dit, là est bien l'essentiel.
    Cette intrusion stratégique des ILS vaut à ma chère collègue le soutien de quelques autres congénères, qui opinent, encouragent : "Oh oui, c'est vrai qu'avant..." C'est vrai qu'avant quoi ? Que tout était mieux ? Ah oui, j'oubliais mesdames : où donc avez-vous garé vos diligences en arrivant de votre campagne environnnante ? Et les machines à écrire, elles sont prêtes ?
    Bon, j'arrête sinon je vais m'emporter, mais ce café du commerce matinal a le don de m'exaspérer. Et surtout, je me dis que la technologie a bon dos, qui permet à certain(e) de se défausser à bon compte de leurs propres frustrations.
    De toutes façons, tout ça, c'est la faute à Internet... y a qu'à voir tous ces pédophiles...ILS en ont encore parlé ce matin à la radio !